Pôles d'activités > Prélèvement Capillaire : Des solutions existent


SOMMAIRE:
- Qu'est ce que l'ASG?
- Comment pratiquer l'ASG?
- Quelle technique choisir?
- Conclusion

Qu'est ce que l'ASG?

Vous êtes diabétique et votre médecin vous a conseillé de vérifier régulièrement votre glycémie.

L’autosurveillance glycémique (ASG) a plusieurs intérêts :
- Elle vous permet éventuellement d’adapter votre traitement en fonction de vos résultats.
- Elle vous permet d’identifier certaines sensations et de vérifier si elles correspondent éventuellement à une hypoglycémie ou à une hyperglycémie importante.
- Elle vous permet de vérifier l’effet de l’alimentation et de l’activité physique sur vos glycémies.

Actuellement, l’ASG passe obligatoirement par le prélèvement d’une goutte de sang, le plus souvent au bout du doigt. Cela peut paraître très contraignant ou constituer un automatisme. Mais dans les 2 cas et que vous soyez un « pro » ou un novice de l’ASG, il y a des astuces qui peuvent vous aider à mieux gérer ce geste quotidien.

Retour haut de page

Comment pratiquer l'ASG

1. Le matériel

- Les lancettes:

Pour obtenir une goutte de sang, il faut traverser la couche superficielle de la peau à l’aide d’une lancette. Une lancette (tout comme une aiguille) est caractérisée par son calibre représenté par un chiffre suivi de la lettre G (pour « Gauge » en anglais qui veut dire calibre). Plus le chiffre est grand, plus la pointe est fine (le chiffre correspond au nombre de lancettes ou d’aiguilles que l’on peut faire rentrer dans un espace donné). Ainsi la plupart des lancettes sont entre 25G et 30G en sachant que ce chiffre n’est pas forcément évident à repérer sur les emballages !
La tendance naturelle est de vouloir choisir la lancette la plus fine possible. C’est certainement souhaitable pour un enfant ou une personne qui commencerait l’ASG. En revanche après quelques années d’ASG ou chez un travailleur manuel ou un bricoleur du dimanche, la peau est souvent durcie et une lancette trop fine aura 2 inconvénients :

- Elle ne pénètre la peau que difficilement, obligeant éventuellement à piquer plusieurs fois pour obtenir une goutte de sang.

- La goutte de sang obtenue risque d’être minuscule et insuffisante pour un test (même si la plupart des lecteurs de glycémie actuels ne demandent que très peu de sang). Il faudra donc presser le doigt très fort ce qui peut faire mal ou même être impossible si vous avez des problèmes touchant les mains d’ordre neurologique, rhumatologique, orthopédique ou dermatologique (ne serait-ce que des crevasses en hiver !). Après avoir pressé aussi fort que possible, vous risquez de n’avoir pas obtenu assez de sang, de tenter quand même le test qui vous signalera une erreur. Au total, vous vous serez fait mal, vous aurez gaspillé une bandelette (qui coûte quand même 0,4 €) et serez quand même obligé(e) de vous repiquer sans garantie de succès pour ce nouvel essai… Une lancette trop fine pour votre peau constitue donc un inconvénient.
En pratique, discutez avec votre médecin du meilleur choix pour vous.

- L'auto-piqueur:

C’est le nom donné au matériel (le plus souvent en forme de stylo) dans lequel vous mettrez votre lancette pour vous piquer le doigt. Il contient un ressort et un déclencheur qui permet d’appliquer la lancette contre la peau selon un mouvement net et précis rendant ainsi la piqure quasi-indolore.

Les autopiqueurs permettent quasiment tous de choisir (par l’intermédiaire de chiffres ou de symboles) la force, c’est à dire la profondeur de la piqure. En fait, la douleur éventuellement ressentie lors du prélèvement, n’est pas tellement liée au calibre de la lancette mais plutôt à la profondeur de la piqure et donc à la force réglée sur l’autopiqueur. Soyez donc vigilants pour la sélection de la profondeur en débutant toujours par une faible profondeur et en augmentant progressivement jusqu’à ce que vous obteniez sans douleur une goutte suffisante sans avoir besoin de trop presser. Une fois que vous aurez sélectionné la bonne profondeur, ne la changez pas et veillez à ne pas la modifier accidentellement.

Sachez également que le ressort inclus dans le stylo peut –comme tous les ressorts - se détendre avec le temps et il est fortement recommandé de changer votre autopiqueur tous les ans.

- Autres systèmes:

Il existe d’autres systèmes permettant de piquer le bout du doigt :

- Des barillets contenant plusieurs lancettes et permettant de partir le matin avec ses lancettes pour la journée. Mais attention : si vous avez un problème avec le stylo autopiqueur, vous n’avez aucune possibilité de vous piquer « à la main », sans stylo. De même, il ne faut pas oublier de prendre un barillet neuf au cas où vous feriez plus de tests que prévu (en cas d’hypoglycémie par exemple).

- Des autopiqueurs à usage unique avec lancette intégrée. Ceux-ci sont à présent remboursés. Traditionnellement, ils étaient réputés pour être assez douloureux mais le matériel s’améliore progressivement.

2- Technique: les règles à suivre

Pour tout geste médical, l’ASG implique de respecter quelques règles simples pour votre confort et votre sécurité :

- Ne prenez pas de risques inutiles!

Comme L’autopiqueur est un instrument PERSONNEL. De même que vous ne prêteriez pas votre brosse à dents pour vous en resservir ensuite, ne prêtez JAMAIS votre autopiqueur à qui que ce soit, même à quelqu’un de votre famille, même à vos meilleurs amis et encore moins à un inconnu, un voisin… même pour un seul test. En effet, même si vous changez la lancette, une minuscule goutte de sang peut se déposer sur l’extrémité de l’autopiqueur. Si vous piquez ensuite votre doigt avec ce même autopiqueur, vous pouvez être contaminé par un virus (hépatite B, hépatite C, voire VIH,…) alors même que l’autre personne ne se savait pas malade. De telles contaminations ont eu lieu dans le passé . Alors, ne prenez pas de risques inutiles…

- Choisissez le bon endroit pour vous piquer

- Il faut TOUJOURS se piquer sur le côté du doigt (bord latéral de la dernière phalange) et non au bout du doigt car :

o Le bout du doigt est plus riche en terminaisons nerveuses : piquer le bout du doigt est plus douloureux.

o Se piquer le doigt à de multiples reprises peut, après plusieurs années, faire perdre la sensibilité. Cela n’a aucune importance sur le côté du doigt mais peut être terriblement gênant au bout du doigt pour les gestes de la vie quotidienne, mais aussi pour bricoler, coudre, jouer d’un instrument de musique. Par ailleurs, personne (que l’on soit diabétique ou non) n’est à l’abri d’avoir un jour un problème de vue ; si cela devait vous arriver, un manque de sensibilité du bout des doigts aggraverait encore le handicap.

- Evitez de piquer le pouce et l’index qui sont les doigts de la « pince » dont on se sert le plus pour les mêmes raisons que ci-dessus : il vous reste les 2 cotés des 3 derniers doigts de chaque main soit le choix entre 12 localisations… Essayez de les alterner.

- Certains lecteurs permettent la lecture au niveau de sites « alternatifs » comme l’avant bras ou la paume de la main… Cela peut être utile dans certaines circonstances particulières (blessure des mains, certaines professions comme les musiciens, les horlogers…) mais certaines règles doivent être respectées car au niveau de certains sites, la fiabilité peut être altérée par l’alimentation, l’activité physique,… Parlez en à votre diabétologue.

- Il faut prendre une lancette NEUVE pour CHAQUE test car :

o Les lancettes actuelles sont fines et ont tendance à se courber dès qu’elles pénètrent la peau. Si vous réutilisez votre lancette, celle-ci se transformera vite en véritable harpon et vous pouvez imaginer sans peine que cela vous fera mal !

o Vous avez des bactéries en surface de la peau, même si vous vous lavez les mains avant votre test : celles-ci se feront une joie de se multiplier, transformant très vite votre lancette en un vrai bouillon de culture ! Le risque d’infection est quasi-inexistant avec une hygiène « normale » mais avouez que ca ne paraît pas très agréable…

- Lavez vous soigneusement les mains avant un test

Il suffit en effet d’avoir touché une baguette farinée, d’avoir mangé un fruit,… pour avoir du sucre sur les mains : dans ce cas, vous mesurerez le sucre sur la peau et non celui dans le sang et vous risquez de vous faire très peur avec des chiffres très élevés ! Sans compter que cela peut être très dangereux si vous adaptez votre dose d’insuline rapide en fonction de votre glycémie avec un risque majeur d’hypoglycémie dans les suites…. En cas de chiffre anormalement élevé, lavez vous à nouveau les mains et refaites un test. En revanche ne nettoyez pas votre doigt avec de l’alcool car cela fausserait les résultats. Attention, d’autres substances (comme certaines crèmes ou pommades…) peuvent également interférer avec les résultats.

- Que faire des lancettes usagées?

C’est une très bonne question à laquelle il est parfois difficile de répondre. Il est bien établi que vous devez OBLIGATOIREMENT mettre vos déchets « piquants » (lancettes, aiguilles) dans des boites spécifiques fournies par votre pharmaciens ou avec certains modèles d’aiguilles pour stylos à insuline ou de lancettes. Pas question de mettre vos lancettes telles quelles dans la poubelle : vous seriez responsable si quelqu’un (un éboueur notamment) se piquait.
En revanche, la question de savoir ce qu’il faut faire de vos boites pleines est beaucoup moins évidente. Certains pharmaciens les reprennent. Certaines associations locales de diabétiques travaillent activement à la mise en place de systèmes de ramassage. Mais il faut bien dire que la collecte des déchets toxiques coûte cher et que dans de nombreuses localités le problème reste entier. Renseignez vous après de votre mairie et/ou de votre filiale locale de l’AFD (Association Française des Diabétiques).

Retour haut de page

Quelle technique choisir?

L’ASG étant fondamentale pour vous aider à gérer votre traitement, il est essentiel de disposer du matériel le mieux adapté à votre situation. Votre médecin peut vous aider dans ce choix. Le tableau ci-dessous est destiné à vous aider dans votre choix de matériel en fonction de votre style de vie.

  Autopiqueur "classique" Sites alternatifs Barillets Autopiqueur à usage unique
Situation"standard" Choix le plus fréquent Peu d'intérêt compte tenu des conditions d'utilisation Choix éventuel Aucun intérêt
Travailleur manuel En choisissant un calibre suffisant et une force adéquate Eventuellement si les doigts sont très "calleux" Choix éventuel Aucun intérêt
Travailleur de précision, musicien Choix le plus fréquent Intéressant mais nécessité de respecter les règles Choix éventuel Aucun intérêt
Globbe trotter Choix le plus fréquent Aucun intérêt Intérêt éventuel pour l'encombrement mais nécessité d'avoir un auto-piqueur de secours Choix éventuel
Personne dépendante ou enfant en bas âge Choix le plus fréquent mais attention dans la manipulation Aucun intérêt Choix éventuel Intérêt +++ pour le personnel soignant ou enseignant
ASG occasionnelle Ne jamais emprunter un stylo auto-piqueur Aucun intérêt Aucun intérêt Intérêt +++ à condition que le lecteur permette une utilisation partagée

Retour haut de page

Conclusion

Vous avez à présent beaucoup d’éléments pour vous aider à choisir votre matériel d’ASG avec votre médecin. Mais rappelez vous : un test ne sert à rien s’il n’est pas utilisé. Si le résultat est dans les objectifs glycémiques que vous avez fixés avec votre médecin, c’est parfait. Sinon, il faut agir : éventuellement immédiatement si le résultat est trop bas ou très haut ou que vous adaptez votre dose d’insuline en fonction de votre glycémie, mais le plus souvent après quelques jours en analysant votre carnet d’ASG et en décidant, éventuellement avec l’aide de votre médecin, comment adapter votre traitement. Il ne sert à rien de faire une glycémie tous les jours à la même heure, constater qu'elle est trop haute et ne rien faire : AGISSEZ en modulant votre traitement si vous pouvez/savez le faire ou en contactant votre médecin.

Bon courage !

Auteur : Dr Sylvie Picard - Diabétologue - Dijon

Retour haut de page


 
Page mise à jour le : 08/04/2010

 
Développement et hébergement Thot'em Interactif