Et s’il y avait cinq types de diabète ?

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Adieu, type 1 et type 2 ; bonjour, SAID, SIDD, SIRD, MOD et MARD ! Le diabète serait, selon une récente étude scandinave, en fait divisé en cinq types distincts, et non deux.

Quels sont les nouveaux types proposés de diabète ?

  • SAID : diabète auto-immun (6,4 % des personnes diabétiques)  : ce premier type recouvre la définition de l’actuel type 1 : il commence souvent tôt dans la vie, touche des personnes qui ne sont pas en surpoids et entraîne une déficience dans la production d’insuline. C'est une maladie auto-immune : la présence d’anticorps montre qu’il y a agression auto-immune des cellules qui sécrètent l'insuline, qui ne sont donc plus présentes pour créer de l’insuline.
  • SIDD (insulino-déficience sévère) : il est semblable au SAID par le déficit important de la sécrétion d’insuline, sauf que ce n'est pas une maladie auto-immune. C’est un diabète insulino requérant qui touche à peu près 18% de la population.
  • SIRD (insulino-résistance sévère) : il touche 15 % des personnes atteintes de diabète. Ces personnes ont un indice de masse corporelle élevé et une forte résistance à l'insuline, c'est-à-dire qu’il faut une sécrétion accrue d’insuline pour obtenir une action hypoglycémiante. Ce diabète résulte du fait que la sécrétion d’insuline est insuffisante pour vaincre cette résistance.
  • MOD (diabète modéré lié à l'obésité) : moins sévère, il touche 22 % de la population diabétique. Il n'y a pas de résistance sévère à l'insuline, mais les personnes touchées sont obèses.
  • MARD (diabète modéré lié à l'âge) : peu sévère également, il touche des personnes généralement plus âgées, 39 % des personnes atteintes par le diabète. Comme dans le MOD, ces personnes n'ont qu'une perturbation modeste de la glycémie.

Qu'est-ce que cette annonce va changer pour vous ?

Dans l'immédiat, pas forcément grand-chose : même si les différents aspects du diabète n'étaient pas définis selon les critères proposés par ces auteurs scandinaves, les diabétologues se sont rendu compte depuis longtemps déjà que tous leurs patients ne réagissaient pas de la même manière aux traitements. Les choix thérapeutiques sont donc déjà individualisés autant que possible.

Cependant, cette étude peut attirer l’attention plus particulièrement sur les risques de chacun. Ainsi, les personnes atteintes par le SIDD sont plus souvent plus touchées par la rétinopathie diabétique. Alors qu'en cas de SIRD, c'est l'insuffisance rénale qui est plus fréquente.

En fait, les diabétologues savent déjà qu’il ne faut pas différer la mise sous pompe quand les autres traitements ne permettent pas un contrôle optimal des différentes glycémies de la journée.

On connaît aussi le lien entre la résistance à l’insuline et l’hypertension artérielle dont l’association au diabète est délétère pour les reins. Les données de cette étude ne font finalement que renforcer les indications thérapeutiques visant une réduction des risques de complications en fonction du profil du patient.

À l'heure actuelle, les profils ont été définis sur des associations de paramètres cliniques et biologiques dont certains ne font pas l’unanimité quant à leur valeur discriminative, donc il n'existe pas de « test »pour classer une personne avec un diabète dans une des nouvelles catégories proposées.

Si vous souhaitez savoir de quel « nouveau type » de diabète le vôtre se rapproche, vous pouvez cependant en parler avec votre diabétologue.

Vous voulez faire le point sur les différents traitements du diabète ? Faites un tour sur le Dinno Mag

Source
Ahlqvist, E. et al., Lancet, Volume 6, No 5, p361-369, Mai 2018