Pancréas artificiel, avec un patch intelligent délivreur d’insuline

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Un pancréas artificiel est un dispositif qui a pour objectif de « remplacer » le pancréas malade et de réguler la glycémie sans intervention du patient. L’appareil lit le niveau de glucose et délivre de l’insuline en fonction, jusqu’à ce que la glycémie soit à nouveau normale

De nombreux travaux de recherche sont actuellement menés dans le monde entier en utilisant - entre autres - un capteur de glycémie et une pompe à insuline.

Mais des scientifiques sont allés encore plus loin en focalisant leur travail sur plus de miniaturisation. Des chercheurs ont démontré qu’il est possible de constituer un pancréas artificiel dans un simple patch « intelligent ».

Comment ça marche ?

La démonstration n’a été faite que sur des souris, et sur une période de quelques heures ; mais c’est une preuve enthousiasmante d’une piste qui s’ouvre.

Les chercheurs sont parvenus à mettre au point un patch recouvert de micro-aiguilles formées de nanoparticules de deux types. Certaines renferment une enzyme appelée glucose oxydase, qui dégrade le glucose en consommant de l’oxygène. Les autres sont des vésicules d’acide hyaluronique sensible à l’hypoxie (le manque d’oxygène) qui renferment de l’insuline.

Quand le patch est en place et qu’une hyperglycémie se déclenche, l’action du glucose oxydase va faire baisser la quantité d’oxygène dans le milieu. Suite à cela, les vésicules d’acide hyaluronique se dissolvent et l’insuline est libérée, ce qui fait rapidement baisser la glycémie pour qu’elle retrouve des niveaux normaux. Ainsi, pas besoin de contrôler la glycémie : le patch le fait lui-même, et délivre de l’insuline sans qu’aucune intervention ne soit nécessaire…

Un grand progrès

Il va de soi que si ce patch peut être mis en place chez les patients et fonctionner de façon fiable, il conviendra pour les personnes souffrant de diabète de type 1. Plus besoin de contrôler la glycémie soi-même, et plus besoin d’effectuer la moindre injection (ou de régler sa pompe à insuline). Mais pas besoin non plus de porter le moindre boîtier : le patch intelligent suffira. Ce sera un grand progrès !

Il faudra être encore patient car entre une preuve de concept chez la souris et un traitement disponible chez l’Homme, quelques années s’écoulent généralement.

Une sorte de course a commencé, entre les pancréas artificiels et les traitements à base de cellules souches qui permettent de réparer les pancréas naturels pour vaincre le diabète. Quoi qu’il en soit, le progrès est en marche

Et vous, seriez-vous prêt à utiliser ce type de patch ?

Source : Yu, J. et al., PNAS, 7 juillet 2015, vol 112 n°27.