La pompe à insuline vue par un diabétologue

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Nous avons demandé au Pr Eric Renard, diabétologue, spécialiste des nouvelles technologies du diabète et Responsable du Département Endocrinologie-Diabète-Nutrition au CHU de Montpellier, son avis sur le traitement sous pompe à insuline.

Quel est le principal avantage de la pompe à insuline ?

Il y a d’abord la souplesse du traitement et la possibilité de mieux l’adapter au patient. Quand les patients sont sous multi-injections, une fois qu’ils se sont injectés l’insuline basale pour la journée, ils ne peuvent plus la changer donc tout effort imprévu devra être compensé en mangeant du sucre pour combattre l’hypoglycémie. Avec la pompe à insuline, il est possible de diminuer le débit de façon temporaire, voire de l’arrêter.

Le traitement avec une pompe à insuline est-il aussi plus précis ?

Oui, parce qu’il est aussi possible d’injecter des doses d’insuline beaucoup plus petites – jusqu’à 0,05 unité, donc un vingtième d’unité, alors qu’avec les stylos injecteurs on ne peut descendre que jusqu’à des demi-unités. Pour les personnes qui ont de tout petits besoins en insuline, comme les nourrissons ou même certains adultes diabétiques de type 1 qui sont très sensibles à l’insuline, parvenir à un diabète équilibré est presque impossible sans une pompe à insuline.

Ces avantages se traduisent-ils dans les chiffres pour les personnes diabétiques ?

Oui, on sait que la pompe à insuline diminue la mortalité chez les personnes qui en sont équipées. C’est peut-être parce qu’elle permet de diminuer la variabilité glycémique, c’est-à-dire d’augmenter le temps passé dans la cible glycémique. Cela signifie qu’on a de meilleurs chiffres d’HbA1C, sans pour autant augmenter le risque d’hypoglycémies. Par conséquent, le risque des complications diminue et l’amélioration de la qualité de vie est évidente !

Quel sera à votre avis le futur des pompes à insuline ?

La prochaine étape, c’est l’arrivée des pancréas artificiels, qui ne remplaceront pas les pompes à insuline mais les coupleront à un appareil de mesure continue du glucose et à une intelligence artificielle. Cet ensemble pourra alors décider lui-même de la quantité d’insuline à injecter, comme le fait un pancréas qui n’est pas atteint par le diabète.


Vous vous demandez si vous voulez sauter le pas ? Vous aurez dans cette infographie toutes les informations sur la pompe à insuline.