Resurfaçage duodénal : soigner le diabète de type 2 sans médicaments ?

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Le duodénum est la partie de l’intestin qui est la plus proche de l’estomac. C’est aussi la partie à laquelle sont « branchés » le pancréas et le foie : la bile et les sucs pancréatiques y sont déversés pour favoriser la digestion. Des études ont démontré le rôle du duodénum dans les fluctuations de la glycémie et dans la résistance à l’insuline. Le resurfaçage duodénal est une procédure qui consiste à brûler (abraser) la muqueuse par contact d’eau à 85°C qui décolle la surface. Cette muqueuse se régénère très vite, ce qui explique l’absence de conséquences notables de cette destruction. L’intervention se déroule par endoscopie, c’est-à-dire par l’intermédiaire d’un tube - ou endoscope - inséré par la bouche, l’œsophage puis l’estomac, avec passage des instruments miniaturisés par ce tube, sans aucune incision.

Comment ça marche ?

Le raisonnement derrière le resurfaçage duodénal est que chez les personnes atteintes de diabète de type 2, la muqueuse en question est anormale – ses cellules sont déformées et ne réagissent plus correctement au glucose. Or quand elle est éliminée par brûlure, celle qui repousse au même endroit est, elle, normale au moins pour 6 mois (le suivi n’a pas encore été fait sur le moyen ou long terme). Conséquence : la glycémie s’améliore radicalement. 

Est-ce que c’est efficace ?

On n’en est qu’au début de cette technique, avec à peine quelques années de recul. Une première étude indiquait que la technique permettait de diminuer l’HbA1c de 1,2%, voire de 1,8% quand elle était utilisée en combinaison avec des médicaments antidiabétiques. Une nouvelle étude est en cours à l’échelle européenne. La technique semble relativement sûre puisqu’il ne faut que quelques heures pour que la muqueuse se reforme, mais elle n’est encore qu’à l’étude, donc pas disponible pour tous les patients sur simple demande.

Pour qui cette technique sera-t-elle utile ? 

La technique n’a pas d’intérêt pour les personnes qui doivent s’administrer de l’insuline. Pour l’instant, les médecins qui la testent la destinent plutôt aux personnes qui ont un diabète insulino-résistant (type 2) difficile à contrôler : le resurfaçage permettrait d’améliorer la sensibilité à l’insuline que la personne produit encore elle-même. Ajoutons que l’amélioration de la glycémie ne serait que temporaire : il faudrait envisager de répéter l’intervention régulièrement.

 

Le resurfaçage duodénal n’est pas encore disponible pour tous les patients. Mais si votre diabète est difficile à contrôler, n’hésitez pas à en parler avec votre diabétologue : il est peut-être temps de faire évoluer votre traitement avec ce qui existe actuellement.

 
 
Sources :
Cherrington, AD. Et al., Gastrointestinal Endoscopy Clinics of North AmericaVolume 27, Issue 2, April 2017, Pages 299-311. https://doi.org/10.1016/j.giec.2016.12.002
 
Hadefi, A. et al., Digestive Diseases imaging and endoscopy Volume 36, No4, juillet 2018, pages 322-324. https://doi.org/10.1159/000487078