Témoignage : Delphine Arduini, fondatrice du World Diabetes Tour

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Un diagnostic de diabète de type 1 à l’âge de 16 ans, puis une vie dédié à l’activité sportive, de maman, et de fondatrice d’une association destinée à inciter tous les porteurs de diabète à faire du sport, et à voyager ? C’est le parcours à la fois tout naturel et incroyable de Delphine Arduini… Le Dinno Mag a eu la chance de lui poser quelques questions.

Vous avez été diagnostiqué à 16 ans … Comment avez-vous réagi ?

Pour moi c’était un « bon » âge pour le diagnostic. Pour commencer, j’aimais beaucoup les sciences donc j’avais envie de comprendre la maladie et le traitement. Mais surtout, j’avais déjà beaucoup de projets et une idée de ce que je voulais faire dans la vie, donc quand on m’a dit que le diabète allait tout changer j’ai dit « non, non, cela ne va rien changer ! ». Jouer au tennis, passer mon bac, faire des voyages, je ne voulais renoncer à rien. Cette attitude m’a permis d’entrer dans une spirale positive puisque j’ai tout fait pour continuer une vie normale…

Et vous avez gardé la même philosophie de vie jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai toujours essayé même si à certains moments j’ai un peu lâché prise… J’ai notamment fait une année d’études au Canada, six ans après mon diagnostic, au cours de laquelle j’ai continué à suivre mon traitement, mais en faisant un peu moins attention. C’est compliqué de rester « réglo » pendant une vie entière ! Mais quoi qu’il arrive, même un diagnostic aussi lourd que celui du diabète de type 1, on peut faire face et atteindre les objectifs qu’on s’est fixé. Cette vision positive ne m’a jamais quitté.

Pensez-vous que cela vous a aidé à gérer votre diabète au quotidien ?

Certainement, oui ! J’ai appris que j’étais diabétique il y a 24 ans. À l’époque, le traitement s’administrait à l’aide d’une seringue et les insulines n’étaient pas les mêmes. Le traitement était donc encore beaucoup plus contraignant.
Je me suis vite rendue compte que bien comprendre le diabète et le fonctionnement de mon corps allait me permettre de m’affranchir de certaines contraintes. Face au « yo-yo » que peut faire le diabète entre hyperglycémies et hypoglycémies, certains tentent d’avoir une vie aussi réglée et calme que possible. Moi j’ai plutôt cherché à adapter mon diabète pour que ma vie puisse rester la même. Par exemple je me suis rendue compte que quand je mangeais beaucoup de salade ou d’endives, les glycémies post prandiales étaient moins importantes. Du coup, j’avais toujours sur moi une endive ou un sachet de salade… Ce qui en a fait rire plus d’un ! Aujourd’hui rien ne me fait peur dans le diabète, surtout avec les progrès de la technologie.

Vous courez des marathons, des trails (courses en montagne), faites des treks en France et dans les contrées lointaines de l’Himalaya ou de l’Afrique du Sud… C’était vraiment aussi facile que cela ?

Rien n’est simple, c’est sûr. Il faut penser au diabète 24 heures sur 24. Quand je voyage ou que je fais une épreuve sportive, je me mets des filets de sécurité : vérifier ma glycémie très régulièrement à l’aide d’un capteur de glucose en continu, emporter de France des produits alimentaires que je connais pour être sûre des quantités de glucides que j’absorbe, m’injecter la bonne dose d’insuline avec ma pompe à insuline… la clé de ma liberté est la connaissance : prendre le temps de comprendre mon corps et mon diabète, apprendre de chaque expérience, mes réussites comme mes échecs. Et m’accepter comme je suis, même quand tout ne marche pas comme je le souhaiterais !
C’est vrai qu’il y a des jours où je passerais bien le diabète par la fenêtre, mais au fond il m’a donné une force que je n’aurais sûrement pas eue sans lui. J’apprécie chaque réussite et chaque moment en me disant « j’ai réussi..et tout en gérant le diabète ! ».

C’est cela, le sens de votre engagement ?

Oui, j’ai créé « World Diabetes Tour » en 2008 avant de m’envoler pour une année de voyage autour du monde, car je suis convaincue que nous pouvons tous vivre pleinement notre vie et nos rêves, diabète ou pas. Pour cela, nous avons parfois besoin d’échanger avec d’autres personnes touchées par la même maladie : pour s’inspirer, échanger, déculpabiliser, rigoler de certaines situations… Et se rendre compte que, comme le disait Walt Disney, « si on peut le rêver, on peut le faire ».
Vous avez envie d’en savoir plus ? Vous rêvez de voyage ou de grands exploits même avec le diabète ? Faites un tour sur https://worlddiabetestour.org/fr.


Le parcours de Delphine Arduini est exceptionnel, elle a réussi à faire de son diabète une force. Si vous voulez en savoir plus sur la pratique du sport intensif en étant diabétique, rendez-vous sur le Dinno Mag.