Sexualité masculine : pourquoi la pompe à insuline peut être un atout

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La sexualité touche à l’intime, il est souvent difficile de gérer physiquement comme émotionnellement des difficultés qui pourraient survenir. Or, chez l’homme, le diabète a parfois un retentissement sur la sexualité. Dysfonction érectile, difficulté à maintenir l’érection ou encore éjaculation rétrograde peuvent en être les conséquences. Le professeur Michel Pinget, directeur du Centre Européen d’Etude du Diabète nous explique comment la pompe à insuline permet d’améliorer certaines facettes de la sexualité masculine.

Pourquoi le diabète affecte-t-il la sexualité masculine ?

Pr Michel Pinget : Chez l’homme, le déclenchement de l’érection dépend de trois mécanismes : 

  • un mécanisme neuro-endocrinien, car le désir sexuel provient de la sécrétion de testostérone,
  • un mécanisme vasculaire car l’afflux de sang est nécessaire dans les artères du pénis,
  • un mécanisme neurologique car l’érection dépend de la stimulation de certains nerfs.

Lorsqu’un homme souffre de diabète, ces trois mécanismes sont touchés. D’une part, l’hyperglycémie peut faire chuter le taux de testostérone. D’autre part, si des complications cardiovasculaires ou neuropathiques surviennent, les artères du pénis peuvent être obstruées et les nerfs du pénis, affectés. Par ailleurs, dans le cas d’une neuropathie sévère, le réflexe éjaculateur peut être aboli. Il en résulte que l’éjaculat est déversé dans la vessie plutôt que dans l’urètre (éjaculation rétrograde). Cette situation est problématique car elle touche directement la fécondité de l’homme. 

Comment la pompe à insuline permet-elle de diminuer l’impact du diabète sur la sexualité ?

Pr Michel Pinget : La pompe à insuline est un outil qui permet un meilleur équilibre glycémique. Grâce à cela, il est possible de diminuer l’impact du diabète sur les mécanismes menant à l’érection. Par ailleurs, un diabète bien contrôlé favorisera le maintien de l’érection dans le temps. Enfin, dans le cas d’une éjaculation rétrograde, l’équilibre du diabète rendu possible grâce à la pompe permettra de faire régresser la neuropathie à long terme. 

Pourquoi la pompe agit-elle sur la dimension psychoaffective de la sexualité ?

Pr Michel Pinget : Chez les personnes diabétiques, on parle souvent de handicap invisible. Si en apparence, la personne ne semble pas malade, il ne lui est pourtant pas toujours possible de tout faire comme tout le monde, notamment en ce qui concerne la sexualité. La maladie peut donc entraîner une dévalorisation de soi et ce faisant, de libido. La pompe à insuline, en améliorant l’équilibre glycémique, renforce la maîtrise de son corps et garantit un sentiment de confiance nécessaire au désir sexuel.

Est-il possible de déconnecter la pompe pendant les rapports sexuels ?

Pr Michel Pinget : Si la pompe à insuline devient gênante pendant les rapports sexuels, elle peut tout à fait être déconnectée jusqu’à 2 heures. C’est une décision qui appartient à chacun. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de précaution de surveillance particulière à avoir. On dépense en moyenne 300 à 400 kilocalories pendant un rapport sexuel, ce qui ne nécessite pas de resucrage. Par ailleurs, il est possible de s’éloigner de l’aspect médicamenteux que constitue la pompe et d’en faire un objet érotique favorisant la connexion entre les partenaires. 

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Références : professeur Michel Pinget, directeur de Centre Européen d’Etude du Diabète